Un « Rêve à perte de vue » : Marseille-Carthage

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Une actualité de la Fédération
Rêve à perte de vue : Marseille-Carthage (vidéo)

L’équipage « Rêve à perte de vue », composé de personnes aveugles ou mal-voyantes, se lance un défi exceptionnel : réaliser le record à la voile en Méditerranée en participant au Marseille-Carthage. Le départ se fera le 29 octobre à 15h avec le soutien de la Fédération des Aveugles et Amblyopes de France.

Joël Paris, skipper expérimenté malvoyant, Olivier Brisse, navigateur aveugle, détenteur du record de vitesse en planche à voile pour une personne non voyante également membre du Team Jolokia ; Valérie Garibaldi, kinésithérapeute et formatrice secouriste chez les marins-pompiers de Marseille ; François Xavier Adloff et Marwane Latreche, étudiants à l’Ecole Nationale Supérieure Maritime de Marseille ; se lancent pour la première fois dans cette course qui relie les côtes phocéennes à celles de Sidi Bou Saïd en Tunisie, en quête d’un nouveau record.

« Nous nous sommes lancé ce défi de taille dans le but de combattre les préjugés. Oui, même atteints de déficience visuelle, nous sommes capables de participer à une course en voilier au grand large, notamment grâce aux sens accrus de l’écoute, du contact et de l’équilibre que nous avons développés au fil de nos vies. Il est important de montrer à tou.te.s, - société civile, décideurs, entreprises, monde sportif, personnes touchées par ce handicap – etc., que tout est possible et que la différence est un réel atout pour la performance », soulignent les membres de cet équipage hors du commun.

Transcription

Que voyez-vous ? Des aveugles avec un rêve à perte de vue.

  • Joël Paris, membre de l'équipage malvoyant : "On sort en mer pour un entraînement avec un effectif réduit. Mais on est 5 normalement à bord. Aujourd'hui on sera 3 navigants."
  • Vincent Michel, Président de la Fédération des Aveugles de France : "L'expédition pour la Fédé, c'est soutenir un défi. Même déficient visuel, c'est possible de tenter un exploit sportif comme Marseille-Carthage."
  • Valérie Gribbaldi, membre de l'équipage, malvoyante et malentendante : "Je suis déficiente visuelle et je suis aussi malentendante. Il faut déjà que j'arrive à tenir sur le bateau. Quand on a deux handicaps sensoriels, on a des problèmes d'équilibre."
  • Joël Paris, membre de l'équipage malvoyant : "Valérie, on se prépare à hisser la grande voile. Tu vas au piano s'il-te-plait"
  • Valérie Gribbaldi, membre de l'équipage, malvoyante et malentendante : "Il faut vraiment bien être à l'écoute de l'autre, savoir répondre en temps voulu, on fonctionne tous ensemble. Il faut être tous à l'écoute de tout le monde. Bien me servir du winch, bien placer la manivelle, j'essaye d'apprendre, de retenir le maximum de choses pour être le plus performant possible."
  • François-Xavier Adloff, membre de l'équipage : "En fait on est tous pareil, on est tous membres de l'équipage. Je suis là pour faire avancer le bateau. Handicap ou pas Handicap, c'est pas la question. C'est une vraie expérience de marin, de voile, de partage aussi, de pouvoir vivre une expérience différente, humaine, même complètement humaine"
  • Valérie Gribbaldi, membre de l'équipage, malvoyante et malentendante : "J'aurai jamais pensé pouvoir faire ça un jour dans ma vie. Marseille-Carthage c'est un défi donc il faut aller vite. On espère mettre entre deux jours et trois jours pour la traversée."
  • Joël Paris, membre de l'équipage malvoyant : "C'est d'abord et avant-tout un défi sportif. Aller au-delà de la peur et de découvrir ses limites j'allais dire. Accepter ses défauts et ses qualités tel qu'on est.
  • Valérie Gribbaldi, membre de l'équipage, malvoyante et malentendante : "Sur le plan professionnel, je suis masseur-kinésithérapeute et formatrice secouriste. C'est vrai que la fonction secouriste c'est  utile un petit peu aussi quand même."
  • Joël Paris, membre de l'équipage malvoyant : "Ça tous les marins te le diront, on travaille beaucoup à l'oreille quand même. En fait le bruit, c'est essentiel en bateau. Donc quand on dit que le bateau, c'est un supplément d'âme, c'est vraiment ça en fait. On barre à l'équilibre du bateau, à l'assiette du bateau. Avec la sensation uniquement, qu'est celle des fesses. En l'occurrence, on se lève ou on se lève pas. On est aidés par une application, qui se met sur les téléphones mobiles, il te dit si tu vas sur le bon cap et te bip. C'est une aide à la navigation pour les malvoyants. "
  • Vincent Michel, Président de la Fédération des Aveugles de France : "La Fédération des Aveugles, elle est là pour montrer tous les possibles, révélées par les personnes déficientes visuelles."
  • Joël Paris, membre de l'équipage malvoyant : "Le but de ce projet, c'est casser les préjugés qui consistent à croire qu'un malvoyant, un aveugle, n'a pas sa place sur un bateau. Ce qui est possible en mer dans un bateau, est transférable à terre, en entreprise, dans la vie en générale. C'est ça l'idée de force."

Les aveugles doivent se battre deux fois plus que les autres, pour réaliser leurs rêves. Ils ont besoin de plus de moyens pour gagner leur combat vers plus d'autonomie !

Fédération des Aveugles de France, la citoyenneté, ça nous regarde !

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